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Action de Comac devant l’ONEm :: « Nous dénonçons la politique du gouvernement à l’égard des jeunes »

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Ce jeudi 27 février matin, une vingtaine de membres de Comac, le mouvement de jeunes du PTB, se sont rendus à un bureau de l’ONEm pour y réaliser une action médiatique. Objectif : dénoncer la nouvelle procédure de contrôle et de sanctions qui vise les jeunes demandeurs d’emploi tout juste sortis des études. Une procédure qui prend place dans un contexte où il y a, en moyenne en Belgique, 17 demandeurs pour un job.

Ces derniers jours, Comac  a récolté des témoignages de jeunes travailleurs sans emploi devant les bureaux de chômage ou sur le net.

Ces témoignages confirment les difficultés et les préjugés auxquels ils sont confrontés. En voici quelques uns :

Gabou, 21 ans, au chômage, explique qu’il a toujours les mêmes réponses : « pas assez d’expériences, pas le bon niveau d’étude, malgré que je fais beaucoup de d’intérim et de travaux à mi-temps. Je suis obligé de mentir aux patrons pour surmonter mes exigences. Quitte à leur faire pitié. J’accepterai n’importe quoi pour fuir la traque aux chômeurs ». Il nous a dit : « Je me suis presque convaincu de faire cela toute ma vie ». Une vie entière de chômage, de jobs précaires et d’intérims. Être obligé de mentir ou de faire pitié : c’est ça l’avenir que nous réserve le gouvernement ?

Amandine, 27 ans, au chômage : « Je suis confronté à des soucis financier. Le fait de garder son enfant et de ne pas trouver de crèche est très compliqué pour la recherche d’un emploi. On est obligé de le garder soi-même. Trouver un travail avec un enfant à charge c’est impossible. Pour le coté financier, mon appartement me coute la moitié de mon revenu. De plus, je n’ai pas de famille à Liège donc je suis assez isolée. J’ai beaucoup de litige avec l’ONEm, malgré le fait que je faisais une formation, parce ce que je n’avais pas reçu ma carte de convocation. »

La nouvelle procédure de contrôle et de sanctions des demandeurs d’emplois en stage d’insertion (ex-stage d’attente) entrée en application début février est une nouvelle attaque contre les jeunes et les demandeurs d’emplois. Des chômeurs contre lesquels le gouvernement Di Rupo n’avait déjà pas eu la main morte : mesures de dégressivité, exclusions des allocations d’insertion et maintenant sanctions pour des jeunes qui n’ont même pas encore reçu le moindre euro de la part de l’ONEm.

15 000 jeunes plongés dans la précarité

Le gouvernement a prévu que 15 000 jeunes échoueront au contrôle voyant leur stage prolongé de 6 mois. Il est même prévu que cela lui permettrait d’économiser 61,8 millions d’euros comme l’ont déjà dénoncé la FGTB et la CSC. « Cela veut dire 6 mois pendant lesquels ces jeunes n’auront aucun revenu : le gouvernement va simplement plonger 15 000 jeunes et familles dans une plus grande précarité », dénonce Charlie Le Paige, responsable sur les questions d’emploi à Comac. L’info est parue aujourd’hui dans SudPresse : entre 2008 et 2013, le nombre de personnes aidées par le CPAS a augmenté de 7,5 % en Flandre, de 23,5 % à Bruxelles et de 23 % en Wallonie. Ce sont des chiffres terribles qui montrent la précarisation de la situation pour des parties toujours plus grandes en la population en Belgique.

Valérian, 20 ans, au chômage, déclarait tout simplement, il y a 2 jours : « Je n’ai pas terminé l’école et j’ai travaillé 2 ans comme ouvrier. Aujourd’hui, je vis la galère au chômage. Tout ce qui passe comme job, je le prends. N’importe quel intérim. »

Anna, nous a aussi expliqué toute la difficulté aujourd’hui pour une jeune femme sur le marché de l’emploi : où quasi les seuls emplois proposés sont des emplois titre-service mal payés dans le nettoyage : « Même chez moi, j’ai du mal à faire le ménage, alors faire ça de ma vie... ».

S’activer ? Il n’y a simplement pas assez d’emplois

Ces nouveaux contrôles visent officiellement à pousser les jeunes à « s’activer », mais on sait qu’il n’y a simplement pas assez d’emplois, les statistiques à Bruxelles sont claires : il y a un seul emploi pour 17 demandeurs. « Le gouvernement assume donc qu’il ne va pas aider ces jeunes, mais bien plutôt qu’il va cyniquement économiser de l’argent sur leur dos dans un contexte où il n’y a tout simplement pas assez d’emplois disponibles, continue Charlie Le Paige. Ce que tous les jeunes que l’on a croisé demandent aujourd’hui, c’est qu’on chasse le chômage et pas les chômeurs. Une orientation qui n’est pas du tout celle choisie par le gouvernement : les 15 000 jeunes en stage d’insertion viennent donc s’ajouter aux 50 000 qui vont être exclus des allocations d’insertion en Janvier 2015. ».

Comac demande donc des solutions  pour créer réellement de l’emploi, et notamment via des emplois-relais : des emplois qui permettent aux plus âgés de transmettre leur expérience aux plus jeunes, de partir à la retraite et de libérer ainsi des emplois pour les jeunes.

L’investissement dans des emplois-publics dans des secteurs où les besoins sont immenses comme la construction et l’isolation de logements ou encore l’enseignement et les soins de santé. Des emplois qui pourraient être notamment financés par une taxe des millionnaires qui rapporterait 8 milliards d’euros par an.

 

 

 

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