120.000 personnes ont manifesté le 6 novembre dernier contre les mesures asociales du gouvernement Michel-De Wever. De nombreuses femmes étaient présentes. (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

8 mars, Journée internationale des femmes : appel à l’action

En 2015, les femmes sont toujours surreprésentées dans les statistiques de la pauvreté. Sur le marché du travail, il leur est également plus difficile d’accéder à un emploi à part entière. Et les mesures de droite d’austérité dure de nos gouvernements viennent encore amplifier ces problèmes. Le PTB et Marianne, son mouvement de femmes, appellent à participer à la Marche mondiale des femmes, ce 6 mars à Bruxelles.

Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. Comme chaque année, le début de ce mois est placé sous le signe de l’égalité entre hommes et femmes : ce week-end, de nombreuses associations de femmes organiseront diverses activités, dont plusieurs seront centrées sur les thèmes de la pauvreté et du droit au travail à part entière. Ce qui n’a rien d’étonnant : dans le monde, la majorité des pauvres sont des femmes. En Belgique aussi, une grande inégalité subsiste, encore amplifiée par la politique de droite d’austérité dure de nos différents gouvernements.

Marianne, le mouvement de femmes du PTB, participera à la Marche mondiale des femmes qui aura lieu ce 6 mars à Bruxelles. Cette marche rassemble de nombreuses et diverses organisations de femmes qui veulent lutter contre la violence et la pauvreté, pour un travail à part entière et durable, et pour la paix et la démilitarisation – des revendications auxquelles Marianne souscrit totalement. En effet, tant en Belgique que dans le monde, un nombre stupéfiant de femmes sont victimes de violence. En Belgique, 1 femme sur 6 subit la violence de son partenaire ; chaque jour, 8 déclarations de viol sont enregistrées ; et, en 2013, 162 personnes (une écrasante majorité de femmes) sont mortes des suites de coups portés par leur partenaire.

On constate aussi que la majorité des pauvres ou des gens qui risquent de tomber dans la pauvreté sont des femmes. Ce fait est en grande partie dû au fait qu’elles sont nombreuses à être dépourvues d’un emploi à part entière. L’actuelle politique de droite amplifie considérablement ce risque de pauvreté. Prenons par exemple la diminution de moitié de l’allocation de garantie de revenu après deux ans à partir de 2017. Cette allocation constituait une aide pour les femmes qui travaillent à temps partiel de manière involontaire, et celle-ci sera désormais diminuée de moitié après deux ans.

Cette mesure frappe directement les femmes, puisque près de la moitié des travailleuses exercent un emploi à temps partiel. Si elles ont aussi nombreuses à travailler à temps partiel, c’est parce qu’elles ne trouvent pas d’emploi à temps plein, comme beaucoup de travailleuses dans les secteurs du nettoyage, de la vente et des soins. Elles sont donc contraintes à accepter un travail à temps partiel.

Une autre partie voit dans le travail à temps partiel la seule manière de combiner un emploi avec toutes les autres tâches familiales, principalement assumées par les femmes. En conséquence, elles doivent sacrifier une partie de leur revenu et hypothèquent ainsi la constitution de leurs droits de sécurité sociale. En outre, les pouvoirs publics octroient de plus la responsabilité des services de soins au marché privé, ce qui rend pour beaucoup ces services inaccessibles et trop chers.

Prenons l’exemple des crèches, secteur où l’on économise fortement. Dans une grande ville comme Anvers, il n’y a de places de crèche que pour 25% des enfants, ce qui est loin au-dessous de la norme internationale de Barcelone imposant un nombre minimal de places d’accueil pour 33% des enfants. Au lieu de s’en remettre à l’initiative privée, souvent impayable pour beaucoup de parents, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités et investir dans des crèches publiques de qualité et à un prix abordable. En effet, disposer de telles crèches non loin de chez soi est une condition fondamentale pour que les mères puissent être à part entière sur le marché du travail.

La pression sur les chômeuses se fait également de plus en plus forte. Au début de cette année, les chômeurs ont perdu le droit à être dispensé de chercher du travail lorsqu’ils soignent un membre de la famille malade. Cela touche principalement des femmes dans des situations précaires.

Ces mesures ne sont que quelques exemples de la politique antisociale que les gouvernements belges sortent chaque jour de leur chapeau, et qui ont un effet d’amplification sur l’inégalité entre hommes et femmes. C’est pourquoi Marianne s’oppose à ces mesures de droite et exige que le gouvernement s’attelle plutôt à réduire ce fossé, entre autres en investissant dans les services publics : ceux-ci peuvent non seulement alléger une grande partie de la charge des soins, mais ils constituent aussi une source d’emplois.

Nous appelons par ailleurs à miser sur la création d’emplois décents, durables et à temps plein, dans lesquels la redistribution du travail joue un rôle important. Nous soutenons totalement la proposition de la semaine de 30 heures comme nouvelle norme de temps plein. Cela réduit la pression engendrée par la difficulté de combiner travail et famille ; pour beaucoup, le travail à temps partiel sera revalorisé en emploi à temps plein ; et davantage d’emplois seront créés, ce qui répond au problème du chômage.

Marche mondiale des femmes, le 6 mars

Le PTB et Marianne, son mouvement de femmes, participeront à la Marche mondiale des femmes. Venez nous rejoindre ! La marche commence à 14h au carrefour de l'Europe (devant la Gare centrale) à Bruxelles et termine au Palais de Justice. Rendez-vous pour participer avec le groupe de Marianne à 13h au 171 Boulevard Lemonnier (Bruxelles). Plus d’infos pratiques sur la Marche mondiale des femmes, lire ici.

Petit déjeuner, 8 mars

Nous vous invitons également à venir nous rejoindre pour le petit déjeuner organisé par le PTB-Bruxelles (en collaboration avec Marianne) dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, le dimanche 8 mars. Après un bon petit déjeuner, des femmes rebelles témoigneront de leur investissement dans leur quartier, sur leur lieu de travail, dans la vie associative, etc. Mathilde El Bakri, élue du PTB au Parlement bruxellois, expliquera la politique gouvernementale et son impact sur les femmes. Ensuite, nous effectuerons une marche courte mais combattive vers le monument « La Passionaria ». Plus d’info via ce lien.

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